Accompagnement du manuscrit de B.

B. et moi nous sommes rencontrées lors du premier atelier d’écriture nomade au jardin des plantes. Je ne le savais pas encore mais B. écrivait depuis des années. Son enfance, ses rencontres, ses émotions… des pages et des pages attendaient d’être ordonnées.
Après une matinée complice autour des mots et de la créativité, elle m’a confié son envie : reprendre ses textes et en faire enfin son livre.

Quelques emails plus tard, elle m’envoie son manuscrit et je prends le temps de m’y immerger. J’y découvre de belles qualités, des textes bruts et des poèmes travaillés mais l’organisation me chiffonne. Je présente mon analyse à B. et lui propose de travailler ensemble la structure de son récit et lui glisse quelques pistes d’amélioration. B. est soulagée de ne pas avoir à tout réécrire, seulement à réorganiser !

Nous optons pour le rythme d’un rdv physique par mois accompagné d’échanges numériques. Pour notre première rencontre au cœur du mois d’août, j’axe la discussion sur le premier chapitre, un élément clé.  Une fois que celui-ci sera clair, qu’il annoncera les différents éléments de l’ensemble du récit, nous n’aurons plus qu’à dérouler ! Nous choisissons le ton et le style de narration des différents chapitres et en avant toute.

Replongée dans ses mots, B éprouve le besoin de couper certains passages. Mes remarques extérieures l’ont guidée pour voir l’essentiel et l’accessoire. Certains mots exutoires avaient besoin d’être écrits au moment T mais n’ont plus leur place dans notre projet global. Logique quand on a écrit sur plus de cinquante ans.

Pour notre deuxième rencontre, nous nous retrouvons à Pornic, lieu de vacances, lieu du récit. Le bord de mer ne nous empêche pas de faire le point sur les modifications : c’est la grande valse. On avance un chapitre, on coupe un autre, on remodèle un dernier, tout le monde y passe. Notre souci ? Le rythme et l’équilibre. Par exemple, une thématique importante de vie ne peut pas arriver à la fin, elle doit apparaitre dès le début, se développer et avoir sa conclusion.

Pendant plusieurs semaines, nous lisons et relisons, les poèmes bougent. Pour la troisième rencontre, on adopte notre quartier général : le Coffee House de la Roche-sur-Yon, eh oui B. est vendéenne tout comme moi. Ces derniers temps, B. m’a confié qu’elle crée aussi des images. Ni une ni deux, on a décidé d’intégrer ses visuels au livre pour accompagner ses mots. Aujourd’hui donc on les regarde, les disperse, les choisit. On s’éloigne peu à peu des phrases et on entre dans une phase de présentation.

J’avance de mon côté sur des options de couverture, je crée aussi la maquette intérieure et envoie mes propositions à B.. Retour ? Davantage de texte par page ! On pousse les marges et ça y est, ça marche ! Le texte est présent et valorisé. Nos ouvertures de chapitre sont propres, on est raccords.
En parallèle, j’ai relu et corrigé l’ensemble du manuscrit, orthographe, typographie, répétitions, tournures étranges, vocabulaires familiers, on étudie tout et on valide à deux les changements.

Décembre, l’hiver est là et nos résultats sont visibles. J’ai fait une première impression de l’ouvrage. On découvre concrètement l’épaisseur du livre, les espaces, les respirations… Autour de notre café / chocolat chaud, on se rend compte du chemin parcouru. B. va pouvoir relire toutes nos avancées à tête reposée et annoter directement sur le dossier. On arrive à la dernière étape… Semaine suivante, email, changements ! Nos visuels sont mal disposés, ils interrompent au lieu de rythmer, on reprend nos transitions ! Nouvelle sortie de l’ensemble et cette fois, tout va mieux, le récit est limpide.

Janvier 2020. J’ai trouvé un imprimeur vendéen, travailler localement fait ma joie. On a choisi le papier, la couverture, la reliure, le nombre d’exemplaires, le devis est sympa, c’est parti ! J’envoie les fichiers finaux en HD, l’équipe prépresse me fait parvenir un BAT (bon à tirer) sur lequel je peux vérifier et valider la réalisation. Une semaine de production et d’envoi et nous voici à notre dernier rdv. 

Je remets à B. les exemplaires imprimés, le livre de sa vie. Elle peut enfin le toucher, le feuilleter et le partager. Vous voulez voir à quoi il ressemble ? Il faudra encore patienter quelques semaines pour laisser la primeur à ses proches.

 

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